La veille au soir, il n'arrivait pas à dormir. Il est descendu au resto s'avaler une côte de bœuf arrosée d'une bouteille de rouge. Chez Rover, tout est démesuré : l'appétit, le physique, les mains, l'ambition, les lunettes noires, la voix, l'emphase de son album sorti il y a un an. On le rencontre dans un bar pas loin de son pied-à-terre parisien. Il se pose sur une chaise qui paraît soudain frêle. Il a l'air d'un ours dans une maison de poupées. «A Paris, je me sens toujours étriqué. J'ai un deux-pièces meublé d'un piano et d'une valise pleine. Je n'y vis pas.» Il habite à Bruxelles, la ville lui semble moins dense, plus à sa taille. Et quand il n'en peut plus de ne pas voir le vaste horizon, il file à moto embrasser la mer, à Etretat. Il s'habille de vêtements sur mesures. Sa chemise noire est un emprunt à l'uniforme de la police américaine, qui fait des grandes tailles.
Rover commence l'entretien par son «actu» comme sait le faire tout artiste rompu au jeu des médias : «Je prépare une télé», l'émission de Ruquier. Même pas peur. Depuis son passage aux victoires de la musique (nommé dans la catégorie révélation du public) qu'il a vécu comme s'il passait «le bac, le permis de conduire, une finale olympique du 100 mètres et un accouchement en même temps», il est prêt à tout. Il enchaîne les interviews, les concerts (près de 250 en deux ans), les festivals. Il joue demain au Printemps de Bourges. «Ce qui me donne la foi, c'est de partager mes ch




