On a les festivals que l’on mérite. Et ce n’est sûrement pas un hasard si Lyon abrite Nuits sonores et désormais l’European Lab. Des débuts de l’aventure du festival jusqu’à la création d’un poste en mars de l’année dernière de «Chef de projet Ville intelligente et Grand Lyon Expérimentation», on a du mal à imaginer qu’il n’y ait aucune filiation. Donner au numérique tous les moyens de son développement dans le champ culturel, c’est préparer des générations entières à l’imaginer comme outil présent à tous les coins de rue. Mais si améliorer quelques zones de confort urbain pour «faire moderne» est une chose, en faire une politique sociale, économique et environnementale sur le long terme en est une autre.
Timothée David, titulaire du poste en question, est enthousiaste, et sa vie professionnelle consiste à faire demain ce qu'il devrait faire après-demain. Dit autrement : avoir un coup d'avance. Roi de l'anticipation, il appartient administrativement à la Délégation générale au développement économique et international de la communauté urbaine de Lyon, le genre d'appellation qui, en temps de crise, n'évoque pas l'amateurisme le plus échevelé. Pour le côté expérimentation, il nous livre des exemples assez convaincants. «La cellule est toute récente et les montages sont en cours. On travaille par exemple avec l'entreprise Lafarge sur un béton dépolluant qui absorbe le CO2, notamment dans un milieu confiné comme un tunnel. On développe aussi un projet d'aérophotomé