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Critique

Jérusalem cordes de rappel

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Le prolifique quatuor israélien, qui fête ses 20 ans avec un disque Brahms, se produit deux soirs à Aix.

Publié le 13/06/2013 à 19h06

La crise économique a du bon : on fait moins d'opéra et plus de musique. Ce n'est sans doute pas la seule raison pour laquelle la musique de chambre, que l'on disait agonisante, est en train de renaître en France. On saluait récemment dans ces colonnes le succès planétaire des quatuors Diotima et Modigliani, rivalisant avec leurs homologues allemands ou américains. Ce retour du quatuor à cordes, «la forme la plus pure de la musique instrumentale», dixit Fauré, est salutaire, car c'est une école de rigueur et d'abstraction pour les compositeurs, et de discipline pour les instrumentistes.

Transparence. Parmi les quatuors apparus sur la scène internationale ces vingt dernières années, le Quatuor Jérusalem n'est pas des moindres, comme en attestent les albums qu'il publie, au rythme d'un par an, depuis 2001, chez Harmonia Mundi. Après des Mozart et Haydn d'une grande fraîcheur, des Chostakovitch remarquables et des Schubert d'anthologie, le Quatuor Jérusalem vient de publier un disque couplant le Quatuor n°2 de Brahms et son fameux Quintette avec clarinette. Là où beaucoup croient traduire le lyrisme du compositeur en extrêmisant les dynamiques, jusqu'à assommer l'auditeur et faire passer Brahms pour un parangon de lourdeur, le Quatuor Jérusalem mise au contraire sur l'individuation et la caractérisation des voix,ose une transparence qui pourrait être fatale à d'autres formations mais qui révèle ici sa grande profon

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