Outre son approche polymorphe de la note bleue, Marciac devient aussi laboratoire. Le festival gersois y présente en avant-première deux projets très attendus de la rentrée : l'album du pianiste Ahmad Jamal Saturday Morning (le 3 août), dont la sortie est prévue le 24 septembre chez Jazz Village-Harmonia Mundi (avec des concerts à Paris les 8 et 9 novembre), et, ce soir dans la salle de l'Astrada, le premier album d'un nouvel aréopage qui en jette déjà sur le papier, le Moutin Factory Quintet dont Lucky People sort aussi en septembre sur le label Plus Loin Music.
Crescendo. Dans la jazzosphère, il suffit de parler de «la rythmique des frères» pour, instantanément, identifier les jumeaux Moutin. Deux gueules de cinéma : François à la contrebasse qui vit à New York depuis 1997, et Louis à la batterie, basé à Paris. Il faut dire que les deux complémentaires coleaders ont pas mal roulé leur bosse, notamment en quartet depuis plus de quinze ans, tant en Europe qu'aux Etats-Unis, phénomène assez rare pour des musiciens de l'Hexagone. Leur Moutin Réunion Quartet (avec Pierre de Bethmann au piano succédant à Baptiste Trotignon et le saxophoniste Rick Margitza) a aligné quelques records : plus de 450 concerts et vingt tournées aux Etats-Unis, traduits en cinq albums au succès crescendo depuis Power Tree en 2000 jusqu'à Soul Dancers en 2010.
Aujourd'hui, la fratrie remet en jeu son solide interplay avec d




