L’expérience se doit d’être autant musicale que physiologique. On approche un sound system comme on approche la cage d’un lion - en sachant bien qu’il ne pourra faire de mal à quiconque mais avec une appréhension instinctive. Car la montagne de haut-parleurs et de caissons de basse qui forme un sound system ne se contente pas de diffuser de la musique, elle enveloppe les danseurs d’ondes si puissantes que c’est tout leur corps qui vibre, tous les murs et objets qui entrent en résonance.
C’est cette expérience si particulière, née plusieurs fois dans l’histoire de la musique pour diffuser le dub et le dancehall jamaïquains, la techno et le hip-hop américains, l’acid house britannique et les raves du monde entier, qu’aborde l’expo estivale de la Gaîté lyrique, à Paris. Sauf qu’elle manque son but à cause d’un écueil problématique : jamais le visiteur n’y expérimente réellement ce qu’est un sound system.
L’entrée de l’exposition s’en excuse d’ailleurs presque. On y retrouve le travail mené par les sculpteurs sonores du Soundwalk Collective au Berghain de Berlin, un club électronique installé dans une ancienne usine électrique. Le Soundwalk a capté les vibrations du bâtiment entier pendant une nuit de musique et les restitue à sa façon. Mais le son est trop distant et le visiteur reste spectateur. Il le restera à travers toute l’exposition, qui manipule les cultures du sound system de loin, comme s’il ne fallait brusquer personne alors que l’idée première d’un sound system est bie




