«Bienvenue à la république du Sziget!», «Demandez votre visa: émigrez au Sziget» clament les affiches sur les colonnes Morris de la capitale hongroise. «Marrante, cette pub qui évoque le passé communiste avec humour! Aujourd'hui on n'a pas besoin de visa mais à l'époque il en fallait un pour entrer en Hongrie», commente David, étudiant néerlandais qui, comme des milliers de back-packers, est venu camper sur «l'île du rock». Le festival Sziget («île» en hongrois), logé sur une île donc, au milieu du Danube, entre Buda et Pest, débute officiellement ce 7 août sous une touffeur caniculaire, avec près de 500 concerts sur 60 scènes dans un parc de 78 hectares.
Pour sa 21e édition, la manifestation semble a priori avoir choisi l'Ostalgie comme plan com, avec des affiches sur fond rouge, couleur chérie des communistes. On y verrait volontiers une référence à l'autoritaire Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, qui, à l'instar des communistes d'antan, veut tout contrôler et a fait voter une loi sur les médias à peu près aussi libérale que celle du Kazakhstan.
«Il n'y a aucune allusion politique dans notre message, s'empresse de préciser András Berta, directeur des relations internationales du Sziget. Nous avons voulu illustrer l'originalité de la manifestation: cette île où l'on vit pendant presque une semaine, est un monde en soi. On veut que les festivaliers aient l'impression de débarquer dans un pa




