Christophe Honoré, cinéaste, écrivain et metteur en scène de théâtre, aime les comédies musicales de Broadway et cela se sent. Il y a des réminiscences de West Side Story dans sa mise en scène des Dialogues des carmélites de Francis Poulenc, qui ouvre la saison 2013-2014 de l'Opéra de Lyon. Bien que l'action soit censée se dérouler en 1794, les religieuses ne portent pas de lourds costumes de nonnes, mais des jupettes très années 50. Et les décors ont quelque chose d'américain, même si le fond de scène est couvert d'une immense photo d'immeubles haussmaniens et de grues, eux aussi bien peu d'époque.
Couvent. Le livret de cet opéra phare de la deuxième moitié du XXe siècle relate l'histoire vraie de carmélites de Pontoise guillotinées au plus fort de la Terreur pour avoir refusé d'abjurer. Le texte est celui d'une pièce de Georges Bernanos, lui-même inspiré d'une nouvelle de l'Allemande Gertrud von Le Fort intitulée la Dernière à l'échafaud. Le personnage central des Dialogues des carmélites est une jeune aristocrate, Blanche de La Force qui, torturée par l'angoisse face aux prémices de la Révolution et à la mort qui rôde, se réfugie au couvent.
«Pour moi, ça n'est pas une messe, dit Christophe Honoré de cette œuvre. C'est plus comme un écho du vendredi saint, comme un chemin de croix. On sait que Blanche va vers un sacrifice de sa personne, mais c'est un sacrifice où, comme pendan




