En 2014, ce sera l’année Rameau. Ce n’est donc pas demain la veille qu’on reparlera d’André-Modeste Grétry (1741-1813), de la mort duquel nous regrettons pourtant le bicentenaire. Certes, Grétry, tout le monde s’en cogne, jusqu’à ce qu’on entende les quelques opéras gravés (sous l’impulsion du Centre de musique baroque de Versailles et avec l’aide du Palazzetto Bru Zane) par Hervé Niquet ou Guy Van Waas. On tombe alors en pâmoison devant tant de mignardises et d’invention mélodique faisandée. Une musique à la fois pour cœurs simples et mélomanes dégénérés.
En plus, Grétry est l'un des musiciens à succès (triomphal, répété) des années 1770-1790, juste avant et pendant la Révolution, à laquelle il accommode son art après avoir travaillé pour l'Académie royale, l'orchestre et les chanteurs officiels de la monarchie. En son temps, il compose à la fois un tube qui devient hymne royaliste, puis une Fête de la raison en 1794. Mais on ne lui en veut pas : comme Gossec (1), autre grand musicien de la Révolution (ou Johnny Hallyday), il est d'origine belge et ces histoires ne le regardent finalement que de loin. Esprit des Lumières, il abandonnera la composition vers la fin de sa vie pour noircir des milliers de pages de mémoires et d'essais inspirés de Rousseau.
Clarinettiste. Le compositeur est liégeois et c'est donc à Liège (où le musée Grétry a récemment rouvert) qu'on est al




