Dans ses clips, Sky Ferreira joue les vamps. Dans la presse, on parle autant de sa musique que de ses démêlées avec la police (infraction au code de la route, voiture volée, coffre plein d'héroïne). Et en live alors? La pop star est-elle aussi explosive qu'elle en a l'air? L'Américaine de 21 ans jouait samedi au Pitchfork Music Festival, à Paris, pour présenter son premier album sorti la semaine dernière sur Capitol, une filiale du géant Universal. Night Time, My Time est un concentré de pop habile, produite par Ariel Rechtshaid (collaborateur de Solange, Haim et Little Boots), habillée de claviers eighties, parsemée de quelques guitares sauvages: le fantôme de la Madonna du First Album (1983) plane.
La blonde incandescente arrive en petite brune, cachée par une perruque et d'imposantes lunettes de soleil. Sky Ferreira chante, mais ne parle pas au public, lui-même peu réactif. Elle semble mal à l'aise, demande moins de lumière, réajuste sans cesse ses mèches noires devant son visage. Elle égrène les chansons sans grande conviction. Quand le public lui crie des phrases, elle tend l'oreille, essaie de comprendre, laisse tomber et repart au micro. Finalement, sa perruque la gratte. Elle l'enlève. Avec sa chevelure peroxydée et sa veste en cuir, elle a un vague air de Debbie Harry (une de ses héroïnes revendiquée), la fougue en moins.
Quarante-cinq minutes plus tard, le concert est plié. C'est l'heure de l'interview. Chose rare, il




