Qui dit conférence imagine l'immuable rituel du spécialiste compassé derrière son pupitre, délivrant son expertise à coups de diapos Powerpoint à un auditoire somnolent. «Supertalk» revisite la conférence en mode stand up, donnant la parole à «des passionnés plutôt qu'à des mandarins». Format convivial, angle décalé voire baroque, le tout en image et en musique, adressé à un public actif qui devrait, à l'issue de ce nouveau genre de divertissement pédagogico-rigolo, être incollable sur des sujets d'importance, comme l'esthétique de la baraque à frite, la généalogie secrète du hip-hop, de Toulouse Lautrec à 50 Cent, présentée ce soir à la Gaîté lyrique à Paris, les tribute bands («Fans and Furious») ou le féminisme du futur («Quelle est la différence entre une femme ?»).
«Autoritaires». SuperTalk est une maison de conférences - «comme il y a des maisons d'édition ou des maisons de disques», expliquent ses deux fondateurs, Stéphane Malfettes, programmateur pour le spectacle vivant au musée du Louvre, et Cédric Scandella. «Les conférences sont devenues un peu autoritaires», dit Scandella, visant «la pensée unique véhiculée par TED» (Technology, Entertainment and Design), un cycle planétaire ultraformaté sous une apparence de conversation informelle, où d'éminents intervenants ont dix-huit minutes chrono pour persuader l'audience que leur idée va changer le monde.
A l'opposé de «ces redoutables




