Ce fut l'un de nos derniers coups de cœur de l'année passée qui, pour donner chair à son sensible album paru en novembre chez Naïve, couronnait sa galette de roi romantique (au sens noble) d'un concert exceptionnel donné mi-décembre au New Morning (Paris Xe). Un de ces moments où l'hyperconnexion des musiciens pique en retour l'âme d'une salle unanime. Pas étonnant, lorsqu'on sait que The World Begins Today, enregistré à New York par le saxophoniste Olivier Bogé, en compagnie d'une dream team formée de l'ami (depuis treize ans) Tigran Hamasyan au piano, de Sam Minaie à la contrebasse et de Jeff Ballard à la batterie, relève quasiment de la métempsycose, d'un abandon amoureux sublimé par la plume à une réunion d'instrumentistes soudés par la vie.
«Nous avons partagé un moment d'une rare intensité où chacun, sans ego, s'est totalement engagé au service de la musique», concède Olivier Bogé, pourtant peu soupçonnable d'autocomplaisance. Avant ce second album en forme de rédemption, né du passage de l'ombre à la lumière, le trentenaire avait déjà posé les jalons de son appétence lyrique via Imaginary Traveler, sorti en 2012 sur le label de Barcelone, Fresh Sound New Talent.
Après des études de piano classique au conservatoire de Toulon jusqu'à l'âge de 18 ans, il décide de se consacrer au saxophone, sans abandonner pour autant son premier instrument. «Même si j'ai composé mon premier album à la guitare, pour le suivant, j'ai également trava




