La première sensation, dès que l’on pousse la porte de la salle 2 du Triton, près de la mairie des Lilas, en Seine-Saint-Denis, est d’abord olfactive. Dans le deuxième espace scénique (inauguré en septembre) de ce lieu qui se dédie particulièrement au jazz et aux musiques innovantes, l’odeur du neuf prédomine. Mais outre celles boisée des cloisons couleur miel et synthétique des confortables fauteuils noirs, l’association des quatre artistes studieux, en plein travail de répétition ce lundi après-midi, fleure tout aussi bon la nouveauté.
«Evidence». D'où la curiosité car, bien que connus de la scène jazzy hexagonale pour leurs multiples collaborations, le terreau de cette union reste à modeler. L'ensemble forme la nouvelle mouture d'Urban Mood, groupe fondé par Gilles Coronado en 1993 et mis en sommeil huit ans plus tard ; le Triton l'accueille pour trois jours de résidence, avant le concert de ce soir.
Si le guitariste a aujourd'hui décidé d'un changement de casting pour réanimer son quartet, ses motivations restent semblables à celles de son implication antérieure en tant que leader, à savoir s'employer à définir un son de groupe, plus qu'une réunion de solistes, aussi choisis soient-ils, ainsi que la relation écriture-improvisation. «Sans exclure des éléments complexes, car j'aime cet aspect dans la musique, souligne Gilles Coronado. Je cherche aussi l'immédiateté, une certaine fluidité du domaine de l'évidence, qui rapproc




