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Lyrique

«L’Empereur d’Atlantis», joyau sauvé de Terezin

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Nouvelle production de l’opéra composé en 1943 par Viktor Ullmann dans le camp de concentration.

Chloé Cruchaudet. Née en 1976. Dernier album paru: «Mauvais Genre» (Delcourt).
Publié le 29/01/2014 à 18h06

Retrouvé en 1972 par le fils du musicologue Hans Günther Adler, compagnon de déportation du compositeur Viktor Ullman, reconstitué par Henning Brauel et Andreas Krause, et créé en 1975 à Amsterdam, Der Kaiser von Atlantis est un chef-d'œuvre. Depuis sa redécouverte, cet opéra de chambre en un acte et quatre tableaux a fait l'objet d'un enregistrement publié par Decca et de nombreuses réalisations scéniques, notamment l'an dernier à l'Opéra de Lyon. La nouvelle production proposée par l'Arcal, dévoilée à Nanterre et Reims et actuellement présentée à Paris avant Niort, Poitiers, Massy et Saint Quentin, fait partie des plus réussies.

Parachutes. Der Kaiser von Atlantis a pour triste particularité d'avoir été composé dans le camp nazi de Theresienstadt, dit Terezin, en Tchécoslovaquie. Remaquillé en riante station balnéaire, lorsque la Croix-Rouge le visitera en 1944, Terezin était une «colonie juive modèle» où des déportés jouèrent la Flûte enchantée de Mozart et le Requiem de Verdi en présence d'Eichmann, et où sont morts 33 000 hommes, femmes et enfants. C'est là que Pavel Haas, Hans Krása et Viktor Ullmann, entre autres compositeurs regroupés en 1938 par les nazis sous le label«musique dégénérée», écrivirent certains de leurs quatuors et opéras. Composé en 1943 sur un livret de Peter Kien, poète et peintre pragois, également détenu à Terezin, l'Empereur d'Atlantis est une fable brilla

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