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Thomas de Pourquery, cosmiques tripes

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Sur CD et sur scène, le saxophoniste s’empare de l’œuvre de Sun Ra, gourou du jazz spatial.

Thomas de Pourquery. (Photo Sylvain Gripoix)
Publié le 04/02/2014 à 19h16

Qui de Sun Ra ou de Thomas de Pourquery a pris possession de l’autre ? La question reste ouverte au regard de la mésaventure subie par le saxophoniste parisien à barbe rousse, un matin pas comme les autres.

Il est environ 9 heures quand, à peine alerté par quelques bruits dans l'escalier, il émerge de son sommeil et découvre, au pied du lit, une silhouette colossale. Sous le choc de cette mauvaise surprise au réveil, la tête à demi-planquée sous l'oreiller, il hurle la première chose qui lui vient à l'esprit : «Pourquoi ?» Sans doute y a-t-il mis suffisamment le ton, car l'armoire à glace fait demi-tour sans demander son reste en dévalant l'escalier.

Méandres. Quelques instants plus tard, pieds nus parmi les bris de verre dans la cuisine, Thomas de Pourquery constate que le cambrioleur lui a subtilisé ordinateur et disque dur, des pièces précieuses où, parmi d'autres éléments irremplaçables, sommeillait un travail de plus d'une année sur les arrangements dévolus à son immersion dans l'œuvre de Sun Ra. Abattu dans un premier temps - on est à quinze jours des premières répétitions -, le saxophoniste envisage d'appeler Xavier Lemettre, directeur de la Dynamo de Banlieues bleues, à Pantin, où il est en résidence, pour l'informer de l'infaisabilité du projet.

Mais le week-end suivant, le meneur de la fanfare Rigolus et de DPZ (en sommeil) s'immerge à nouveau dans les méandres spatiaux du musicien le plus déroutant de l'histoire du jazz.

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