On a encore en mémoire les premières enjambées du projet The Bridge, initié par l’ethnomusicologue jazzophile Alexandre Pierrepont, responsable des sessions jazz au musée du Quai-Branly (Bleu indigo) l’année dernière, pour la clôture du festival Sons d’hiver. Lors de cette soirée de lancement, qui donnait corps à ces échanges prévus sur le long terme entre des improvisateurs de Chicago et des Français, était présent le groupe Tortoise renforcé par divers membres du réseau déjà mis en place : la flûtiste Nicole Mitchell, le pianiste Jim Baker et le batteur J.T. Bates face au trompettiste Aymeric Avice, repéré au sein du trio Jean-Louis et du groupe Radiation 10, Antonin Tri Hoang (clarinette) et Julien Desprez (guitare), tous fervents de l’approche libre.
Configurations. «Ces dernières années, explique Alexandre Pierrepont, après un siècle d'histoires et de légendes, où chaque improvisateur, chaque groupe, chaque scène est allé en se spécifiant, de nombreux musiciens français et américains ont manifesté l'envie de se confronter aux réalités musicales de leurs vis-à-vis outre-Atlantique. Mais avec souvent le regret que ces aventures éventuelles, promptes à dépasser les espérances, ne puissent se prolonger au-delà de quelques concerts, d'une tournée ou d'un enregistrement, à défaut des structures adéquates.»
The Bridge, qui vise à ouvrir le champ jazzistique en bannissant les frontières, permet également de fédérer des club




