La voiture serpente au milieu des vallons plantés d'oliviers en direction de Chinchón, au sud-est de Madrid. C'est dans cette ville médiévale que Milos Karadaglic a choisi de lancer Aranjuez, un disque hommage à Joaquín Rodrigo et Manuel de Falla. Du premier, il a gravé le fameux Concerto d'Aranjuez, mais aussi les moins connus Fantasía para un gentilhombre et Invocación y Danza. Du second, il livre de belles versions de Homenaje (pour le tombeau de Claude Debussy) et Danza del molinero.
Certes, il n'y a là rien de révolutionnaire du point de vue instrumental pour qui a grandi avec Paco de Lucía ou Pat Metheny. Mais Milos Karadaglic n'a d'autre prétention que de jouer de la guitare classique et l'on retrouve dans cet Aranjuez la finesse interprétative et la variété des couleurs qui faisaient déjà le prix de The Guitar, paru en 2011, et de Latino, publié un an plus tard.
Idyllique. Le lendemain du récital, durant lequel il a notamment donné la Suite pour luth en do mineur (BWV 997) de Bach, on se promène avec lui dans les hauteurs de Chinchón. Podgorica, la capitale du Monténégro où il est né le 23 avril 1983, est également entourée de montagnes, fait-il remarquer. Malgré la guerre des Balkans et l'isolement du pays, son enfance fut idyllique. «Mes parents, économistes, m'emmenaient à la plage, ils étaient à mon écoute, se remémore le musicien. Je




