L’exposition que la Cité de la musique consacre aux «musiques noires» est un échec et une réussite. Echec car le visiteur est, pour l’essentiel, invité à défiler devant des écrans avec un audioguide. S’ouvre un parcours assez désincarné à travers les musiques africaines et américaines : un site web n’aurait-il pas permis le même voyage ? Réussite pourtant, car en se servant de ses jambes plutôt que d’une souris, le visiteur peut se frayer un chemin aléatoire et jouissif dans cet univers d’images et de sons, l’œil accrochant un écran ici, l’oreille se branchant là. Ainsi est-il possible de se concocter deux, voire trois heures de plongée kaléidoscopique dans un maelström fourni, puisque près de onze heures de documents sonores sont proposées. En sortira-t-on avec le sentiment que le noir est la couleur d’une musique ?
Embarras. «Great Black Music» est une adaptation de l'exposition «Les Musiques noires dans le monde», conçue par Marc Benaïche, du magazine Mondomix, qui a déjà été présentée à Dakar, Saint-Denis de la Réunion et Johannesburg. En arrivant à la Cité de la musique, la manifestation a changé de titre, ce qui traduit un certain embarras : il fallait éviter de lier trop abruptement une production culturelle et un caractère génétique (1). Le passage à l'anglais dans l'intitulé masque légèrement la chose, d'autant que cette expression de «Great Black Music» a été revendiquée par des musiciens noirs.
Elle a été forgée en 1965




