Ça pue gravement le graillon dans cette auberge des Buttes-Chaumont. Alors, on décide de sortir. En terrasse, outre dégainer son colt pour punir le serveur - il faut bien un coupable, n'est-ce pas ? - du prix de la pinte de bière et du thé (9 + 4,5 = 13,50 euros) en milieu d'après-midi, on voudrait aussi pouvoir faire taire les corbeaux qui assaillent le micro du magnéto tenu par l'interviewée. «D'habitude, je parle avec les mains, mais là, je suis bridée», se navre faussement Héloïse Letissier. Joueuse, rieuse, déconneuse. Christine - son nom d'artiste - est le phénomène de saison de la musique française, tendance electro-pop, dont le premier album sortira lundi. Un onze titres très attendu tant les trois premiers essais de la jeune (26 ans bientôt) auteure-compositrice-interprète en format réduit n'ont manqué de séduire par l'excellence de leur propos, tant musical que vocal. Mais c'est surtout la singularité artistique de leur génitrice, son jeu chorégraphié léché et millimétré qui bluffe - cf. sa dernière prestation au Printemps de Bourges, fin avril. N'était son vestiaire masculin («je ne porte que des pantalons») elle figurerait aisément la petite sœur d'une autre chanteuse performeuse cérébrale et instinctive en diable, la féminine Camille, dont le déboulé dans le grand bain avait éclaboussé de sa classe le public en 2005.
Un rien moins exubérante que son aînée, dont elle partage la fantaisie et l'audace, Héloïse-Christine est double tout en ne faisan




