La température dans le hall de la Fira Montjuic a bien dû monter de trois ou quatre degrés sous les pas des danseurs envoûtés. Vendredi, la petite heure squattée sur l'une des cinq scènes du festival Sónar de Barcelone par les trois Péruviens de Dengue Dengue Dengue fut l'un de ces concerts où l'on oublie non seulement le reste de la programmation mais aussi toute préoccupation parasite. Et on danse, porté par la cumbia électronique de deux producteurs de Lima, secondés par une vidéo jockey qui compose ses images en réponse aux improvisations de ses compères.
Sous leurs masques fluo qui évoquent autant les dieux pré-européens que des catcheurs sud-américains, les Dengue Dengue Dengue représentaient deux vagues au sein du festival électronique de pointe, référence du genre depuis plus de deux décennies: la prolifique scène «nu cumbia» qui s'étale du Pérou à la Colombie, et le disparate mouvement «global bass», ces musiques de pays longtemps oubliés par l'industrie du disque (baile funk du Brésil, kuduro d'Angola, baccardi house d'Afrique du Sud, bhangra d'Inde, electro chaabi d'Egypte…) qui prennent aujourd'hui toute leur place et donnent un coup de vieux aux scènes de Londres ou New York.
La cumbia, une danse en cercle née au XVIIIe siècle de la rencontre entre les musiques d'esclaves africains, d'indiens sud-américains et d'instruments espagnols dans les villages de la côte colombienne, se prête pa




