On savait Bobby Womack malade, se débattant avec un diabète, les suites d'un cancer du côlon et un Alzheimer qui ne s'arrangeait pas, révélé début 2013. Mais le chanteur américain, figure d'une soul lumineuse qui en a fait, au fil d'une très longue carrière, un chaînon manquant entre James Brown et Sam Cooke, était assez en forme pour prévoir des concerts à l'Olympia le 30 juillet, aux Nuits de Fourvière lyonnaises le 23 juillet, aux Escales de Saint-Nazaire le 2 août et se rendre disponible pour des interviews avant la sortie d'un nouvel album. Tout ceci n'aura pas lieu. Il est mort vendredi à l'âge de 70 ans, de causes qui n'ont pas été révélées. Sa maison de disques britannique, XL, a confirmé ce décès au magazine Rolling Stone.
La vie de Bobby Womack est celle d’un chanteur et compositeur surdoué mais souvent en marge, qui a alterné en plus de cinquante ans les succès et les périodes sombres, mais s’est toujours relevé.
Né en 1944 à Cleveland, au bord du lac Erie, Bobby Womack a grandi dans une famille modeste et très croyante. Sa mère joue de l’orgue à l’église et son père, ouvrier dans la sidérurgie et ministre baptiste, fait très tôt de ses fils un groupe gospel en vue, au début des années 50 : The Womack Brothers. Ils jouent dans les églises de la région, accompagnés par leurs parents. Mais c’est aussi l’époque où les groupes vocaux noirs, très nombreux dans les villes voisines de Detroit et Chicago, se transforment peu à peu en formations pop, aband




