Si au lieu d'écouter l'individu en milieu de journée, en le regardant s'enfiler un énième double café, on l'avait croisé plus tardivement dans un lieu de débauche, l'expérience aurait savamment fait conclure au parfait mythomane de fin de soirée qui a tout-vu-tout-vécu-tout entendu. Surtout quand l'intéressé lâche : «Ça serait un roman de raconter toute ma vie.» Comme le chat a sept vies, Gérard Pont a 57 ans, et comptabilise déjà au moins autant d'existences. Tour à tour libraire, organisateur de festivals musicaux, journaliste-animateur de télé, responsable de communication, puis codirigeant du groupe Morgane qui œuvre dans les productions télévisuelle et événementielle, le Brestois de naissance est le nouveau patron du Printemps de Bourges depuis fin 2013 et dirige depuis dix ans les Francofolies de La Rochelle, qui ont débuté ce jeudi. Cet humanoïde, entre l'Hydre de Lerne et Remy Bricka, roule à Paris sans casque sur son scooter : «Je déteste en porter ; je sais que je suis hors la loi alors je paie les amendes sans râler.» Une connaissance dans le milieu musical depuis plus de vingt-cinq ans se gratte la tête, avant de lâcher : «C'est un hyperactif, un bosseur qui ne s'arrête jamais. Il a tout le temps 50 000 projets et est au taquet en permanence.» Et le même de préciser : «Mais, comme souvent, c'est plus facile d'être pote avec lui quand on ne fait pas d'affaires ensemble.»
Gérard Pont, lui, se définit comme un «entrepreneur cul




