C'est le meilleur clarinettiste à avoir éclos ces dix dernières années. Que ce soit dans le redoutable Plein Ciel de Jean-Frédéric Neuburger, le Grand Duo concertant de Weber, le Concerto pour clarinette de Mozart et celui, pas moins virtuose, du jazzman Artie Shaw, difficile de ne pas être ébloui par la fluidité digitale du jeu de Raphaël Sévère et sa sonorité chaude et pleine jusque dans le suraigu.
Ces qualités l’ont distingué à 12 ans, âge où il remporta le concours de Tokyo face à des musiciens deux fois plus âgés que lui, et où il publia un premier CD consacré au répertoire français. Elles ont été confirmées par la plus haute instance en la matière : le jury du Young Concerts Artists de New York, qui lui a décerné en novembre son premier prix ainsi que huit prix spéciaux.
Ce qui frappe d'emblée lorsque l'on rencontre Raphaël Sévère, c'est sa décontraction physique, apanage des sportifs de haut niveau. «Ça vient sans doute des années de Judo, Karaté et Aikido», confie-t-il. Il est né à Rennes le 15 septembre 1994 d'une mère hongroise et d'un père français et a fait ses études au conservatoire de Nantes. Ces derniers étant respectivement pianiste et clarinettiste, il a commencé le piano à 4 ans, avant d'y ajouter violon, violoncelle, puis la clarinette à 8 ans : «Un jour, mon père m'a surpris en train d'en jouer, par pur mimétisme, et, devant mes évidentes facilités, s'est résigné à ce que je m'y consacre.»
A raison, car à 11 ans




