Il fallait une nouvelle musique pour une situation aussi inédite. Car la chute du mur de Berlin, en novembre 1989, fut tout à la fois, de la petite à la grande histoire : la fin de la séparation pour des milliers de familles, la fin des check-points, la fin de la guerre froide et le début de la réunification. Ces coups de pioche donnés dans le mauvais béton du mur marquèrent aussi le début des années 90, ce croupion du siècle où Arte se balade à vue tout l’été, à défaut de pouvoir dresser un portrait critique d’une décennie illisible parce que terriblement dispersée.
A Berlin pourtant, tout fut simple et limpide pendant ces nineties, condensées en deux mots : liberté et techno. C'est ce que raconte, ce dimanche, Berlin, le mur des sons, un documentaire qui retrace la rencontre entre une jeunesse décidée à saisir chaque bribe de liberté, une ville largement en friche et une musique arrivée à maturité presque dix ans après sa naissance dans les faubourgs noirs de Detroit.
Béton. «La chute du Mur a créé une dynamique unique parmi la jeunesse berlinoise, qu'elle soit de l'Ouest ou de l'Est, et la techno s'est imposée très naturellement dans les fêtes parce qu'elle était entièrement nouvelle», nous expliquait récemment par téléphone Sven von Thülen, journaliste au magazine mensuel De:Bug, dédié aux cultures numériques, coauteur du documentaire et d'un livre, Der Klang der Familie (1), qui le prolonge largemen




