Formes distendues, voix aventureuses, structures libérées, orchestrations galopantes ou classicisme sublimé : Adult Jazz a tiré profit des explorations pop menées par d’autres avant eux.
Joanna Newsom «Ys» (Drag City, 2006)
Le deuxième album de l’Américaine a surpris par son ambition totalement folle. A 26 ans, la harpiste et compositrice, que l’on savait surdouée mais pas tête brûlée à ce point, convoquait un orchestre entier emmené par Van Dyke Parks, le guitariste jazz Grant Geissman, le producteur rock Steve Albini et l’oreille libre de Jim O’Rourke au mixage. Une dream team pour une gamine, auteure de cinq longues pièces à l’ambiance médiévale appuyée, qui font des clins d’œil à Kate Bush comme aux fresques pop des années 70. Adult Jazz revendique cette liberté-là.
Dirty Projectors «Swing Lo Magellan» (Domino, 2012)
Il a fallu six albums au groupe de David Longstreth pour aboutir à une pop débraillée, qui parvient à être dans le même mouvement complètement hors norme et pleinement accessible. Maniaque obsessionnel reconverti dans le je-m’en-foutisme créatif, l’Américain avait pour l’occasion convoqué un par un chaque membre de sa bande, pour enregistrer des pistes recomposées ensuite en un album où tout coule de source, qui aime autant les chœurs diaphanes que les rythmiques gluantes.
Arthur Russell «Love Is Overtaking Me» (Audika, 2008)
Lorsqu'Arthur Russell est mort du sida en 1992, son compagnon s'est lancé dans une campagne d'édition et réédition de sa très vaste collection de chansons. Certaines avaient déjà été rassemblées en albums de son vivant, d'autres restaient à l'état de démos, oubliées sur des dizai




