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Vinyles : kitsch dit mieux?

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Le scénariste de BD Rodolphe a compilé des pochettes de disques authentiquement moches.

L'auteur a eu envie de tirer parti de sa collection de 11000 disques entamée en 1961. (Photo Hugo Desinge)
Publié le 26/08/2014 à 18h06

D'abord la rigolade, l'hénaurme. Puis, un peu de honte pour l'humanité, tout de même. Ils ont osé. Si l'on rit, c'est forcément par protection, parce que nous, on n'a pas osé - même si on y a beaucoup pensé. Comme disait Baudelaire : «Seigneur ayez pitié, ayez pitié des fous et des folles ! Ô Créateur ! peut-il exister des monstres aux yeux de Celui-là seul qui sait pourquoi ils existent, comment ils se sont faits et comment ils auraient pu ne pas se faire ?»

Lapin. Car la question, tout de même, c'est ça : quelles vachettes ont traversé ces cerveaux de directeurs artistiques débridés ? C'est d'ailleurs tellement barré qu'on se dit d'abord que c'est faux, intox, le scénariste de BD Rodolphe, auteur de la compile, est sûrement aussi un as de Photoshop. N'orne-t-il pas sa quatrième de couve d'une fausse citation ? «Gainsbourg disait que si la musique était un art mineur, les pochettes de disque» en étaient un «majeur» - comme dans «faire un majeur», sans doute.

Vérification faite en quelques clics, tout est à peu près vrai (à moins que les vendeurs d'eBay n'aient fabriqué par dizaines de faux vinyles avec de faux emballages). Parmi les musts de cette collection, les Amours hors-série du chansonnier André Valtier, dont la pochette représente un énorme lapin en peluche pré-furry chevauchant une femme nue, dans les années 50. Autres improbabilités : deux hippies torse poil enlacés, dont un

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