Fin juillet à Salzbourg. Le Grosses Festspielhaus affiche complet pour le concert du Concentus Wien et de Nikolaus Harnoncourt, son légendaire fondateur. Au programme, l'oratorio instrumental de Mozart. Vous ne connaissiez pas ? Nous non plus, jusqu'à ce que l'on apprenne que, pour le chef autrichien, les trois dernières symphonies de Mozart forment «un grand drame de l'âme, sans paroles». Certes, il est arrivé à Daniel Barenboim et Simon Rattle de diriger ces trois symphonies en une soirée. Tout comme Gustav Mahler, au début du XXe siècle. Harnoncourt va cependant plus loin et affirme que Mozart les a conçues comme un tout solidement architecturé. La preuve ? Seule la n°39 est dotée d'une ouverture. Quant à la n°41, dite «Jupiter», elle s'achève par une strette qui combine tous les thèmes du dernier mouvement, bien trop spectaculaire pour une simple symphonie. On peut ajouter à cela que ces trois œuvres ont été composées en l'espace de six semaines, durant l'été 1788, et que l'on n'est pas certain qu'elles aient été jouées du vivant de Mozart.
Un siècle plus tard, Brahms n'affirmait-il pas que ces trois symphonies étaient plus révolutionnaires que la première de Beethoven, signe qu'elles sont intimement liées ? Schoenberg ne confirme-t-il pas également leur caractère novateur lorsqu'en 1922, il analyse les spirales chromatiques du premier mouvement de la n°40 dans son traité Harmonielehre ?




