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Fumaça Preta, Brésil ressuscité

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Le groupe relifte les sonorités tropicalistes seventies, débouchant sur un anachronisme expérimental.

Fumaca Preta entre Brésil, Portugal et Amsterdam. (Photo DR)
Publié le 03/12/2014 à 17h36

Al’écoute du premier album de Fumaça Preta, on a eu l’impression d’avoir découvert un enregistrement inédit d’Os Mutantes, ce collectif brésilien qui a agité la scène tropicaliste de son pays dans les années 70 en produisant un rock psychédélique enfumé et théâtral. En sept albums remarquables et sans cesse aventureux publiés entre 1968 et 1976 (avant une reformation pas bien utile dans les années 90), «les Mutants» ont aussi rappelé à la génération connectée qui les a redécouverts dans les années 90 à quel point le psychédélisme a essaimé partout dans le monde, même si les maisons de disques internationales refusaient de le diffuser largement derrière l’écran de fumée de la world music.

Fumaça Preta doit donc beaucoup à cette histoire-là, qu'Alex Figueira, un Portugais installé à Amsterdam, s'est mis en tête de recycler dans un élan vintage qu'on peut considérer comme un passéisme déplacé. Sauf que son premier album éponyme est (aussi) un très bon disque. Enregistré à l'arrache et en trois jours, il sonne comme une soirée imbibée passée à hurler et danser devant des vidéos YouTube filmées en VHS à São Paulo en 1974, et jamais Alex Figueira ne néglige de proposer de vraies chansons au-delà de la blague, à l'image de son minitube Vou Me Libertar.

Il parvient ainsi à égaler fréquemment ses modèles sans les singer, puis il s'en détache peu à peu, d'écoute en écoute, profitant de son anachronisme total pour expérimenter. On attrape alors bien d'autres choses que le tropic

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