Avec sa soul électronique qui doit autant au r'n'b et au funk des années 90 qu'aux producteurs anglais puceaux et encapuchonnés des dix dernières années, on ne peut pas dire que Ben Khan, Londonien de 22 ans, fait dans l'originalité. Il marche même clairement sur le sentier balisé par James Blake depuis cinq ans, emprunté, voire saccagé par tant d'autres depuis. Qu'est-ce qui le différencie alors ? L'accent mis sur le fun, là où ses comparses font souvent le choix de l'émotion, jusqu'à verser dans le chouinard. Les guitares funky (la six cordes restant son instrument de prédilection), les vocalises r'n'b - le jeune homme a dû biberonner Aaliyah et autres stars des années 90 - qui lui donnent une touche pop et sensuelle identifiable en un instant, à ranger du côté des talentueux mais plus discrets Jai Paul ou Clarence Clarity. La pop, un format auquel ce fils d'émigré de la vallée du Cachemire semble très attaché. En deux EPs (1992, sorti l'année dernière, et 1000 il y a tout juste un mois), le Londonien n'a que deux fois, et de peu, dépassé les trois minutes sur huit morceaux, dont une bonne moitié de tubes minimalistes qui claquent. Ancien dealer de weed, ex-skateur et gueule d'homme à femmes (mais sensible), Ben Khan a à peu près toute la panoplie du cool kid et du futur gros poisson. On ne va pas lui en vouloir de faire comme tout le monde, tant qu'il le fait mieux. Photo PIP
Critique
Ben Khan Funky kid
(Photo PIP)
Publié le 05/06/2015 à 18h16
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