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Interview

Océanerosemarie: «Vous voulez vraiment qu’on reparle de l’album d’Elie Semoun ?»

Casque t'écoutes ?

La comédienne Océanerosemarie. (Photo Barrere & Simon)
Publié le 05/06/2015 à 18h17

Après la Lesbienne invisible, premier one-woman-show hilarant sur la difficulté à s'épanouir comme lesbienne quand on n'en suit pas tous les stéréotypes, Océanerosemarie revient avec Chatons violents, spectacle qui lapide l'hypocrisie morale des bobos dont elle avoue faire partie. Elle a également sorti trois jolis albums de chanson sous le pseudo Oshen.

Le premier disque que vous avez acheté avec votre propre argent ?

In the Zone de Britney Spears en 2003, je venais de fêter mes 13 ans… Nan je rigole, en vrai, c'est Big Brother and the Holding Company de Janis Joplin, j'avais 14 ans (ce qui ne veut pas non plus dire que je suis née en 1953, hein).

Où préférez-vous écouter de la musique ?

Dans le train, comme ça le paysage fait le clip : il y a beaucoup de clips lo-fi à base de champs et de vaches ces dernières années, vous trouvez pas ?

La chanson que vous avez honte d’écouter avec plaisir ?

Aucune. J'assume très bien d'adorer Obsesión d'Aventura (tic nerveux au coin de la lèvre).

Le disque que tout le monde aime et que vous détestez ?

L’œuvre de Taylor Swift dans son ensemble.

Le disque qu’il vous faudra pour survivre sur une île déserte ?

Amnesiac de Radiohead, en espérant que je sois accompagnée, si ce n'est de ma femme, d'un bon stock de Lexomil.

Votre morceau pour draguer lourdement ?

For Today I'm a Boy d'Antony and the Johnsons (laisse tomber, c'est un truc de lesbienne qui se prend pour un gay qui se prend pour une femme, tu peux pas comprendre).

Y a-t-il un label auquel vous êtes particulièrement attachée ?

Je suis toujours déçue par les labels. Au début ils sont pauvres et signent des trucs superpointus qu’ils font marcher, et après ils deviennent riches et signent de la merde, tout ça pour payer leurs employés.

Quelle pochette de disque avez-vous envie d’encadrer chez vous comme une œuvre d’art ?

Je n’encadre que les portraits de Karl Marx et de Jésus, désolée.

Votre plus beau souvenir de concert ?

Quand Mylène Farmer a chanté affreusement faux sur la montée dans les aigus d'Ainsi soit je au Stade de France et que les 60 000 spectateurs pleuraient, non pas à cause des fausses notes, mais parce qu'ils étaient bouleversés. Je ne m'en suis toujours pas remise.

Citez-nous les paroles d’une chanson que vous connaissez par cœur ?

«Dis-moi ce que tu penses de ma vie, de mon adolescence, j'aime aussi l'amour et la violence» (j'ai des problèmes de mémoire, je ne mémorise que les chansons à une phrase) ou encore «I'm the kind of bitch tch tch wanna get with, I'm the kind of bitch tch tch wanna get with» [l'Amour et la Violence de Sébastien Tellier et I'm the Kinda de Peaches, ndlr].

Quel est le disque que vous partagez avec la personne qui vous accompagne dans la vie ?

Aucun, on écoute chacune nos trucs au casque, et on est mutuellement atterrées par ce qu’écoute l’autre. Mais on est à peu près d’accord en politique, donc notre couple y survit.

Un bon acteur fait-il un bon chanteur ?

Vous voulez vraiment qu’on reparle de l’album d’Elie Semoun, c’est ça ?

Le groupe dont vous auriez aimé faire partie ?

Celui de Fela Anikulapo Kuti période Shakara. Bassiste si possible. Comme ça, j’aurais joué avec le plus grand musicien de tous les temps, et en plus j’aurais été un homme, noir, dans les années 70.

La chanson que vous écoutez pour partir d’un bon pied ?

Heartbeat de Nneka ou Bad Girls de M.I.A. Girl power quoi.

Le morceau qui vous fait toujours pleurer ?

The Anchor Song de Björk. Pleurer de beauté.

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