On peut porter un nom aussi difficile que celui d'Aldous Harding, sortir son premier album un 11 septembre, conclure certains concerts par Non, je ne regrette rien d'Edith Piaf, et pourtant être promise à un grand avenir. C'est tout le bien que l'on souhaite à Aldous, née Hanna dans le petit port de Lyttelton, en Nouvelle-Zélande. Si les cornes de brume et les lumières tournoyantes des phares ont souvent nourri l'imagination de bien beaux disques de folk, la délicate Aldous vient confirmer le pouvoir mystique du port sur les musiciens. D'ailleurs, peu de disques de folk dépouillé se sont révélés à ce point désarmants, si l'on excepte peut-être celui de Marika Hackman sorti cette année. L'album d'Aldous Harding est grave, hanté par une cohorte de démons ancestraux, qui aurait pu peser des tonnes s'il n'était pas transfiguré par une voix angélique et fêlée. Un disque qui ne bouscule jamais tant que quand il aspire à réussir l'épure la plus totale, comme sur le bouleversant Stop Your Tears, où la chanteuse s'accompagne uniquement d'une guitare délicate et de chœurs d'outre-tombe. Un demi-siècle après Joan Baez ou l'étoile filante Linda Perhacs, Aldous Harding rejoint la catégorie des artistes à qui l'on ne saurait donner d'âge ou attribuer d'époque.
Critique
Aldous Harding un pas dans l’épure
Publié le 04/09/2015 à 17h56
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