On vous rassure. Pas besoin d'avoir l'habitude de dévaler les avenues de Los Angeles sur une planche à roulettes pour apprécier Fidlar, nouveaux héros labellisés «skate punk». Leur nom, acronyme d'une devise, «Fuck it dog, life's a risk», inventée par Zac Carper, leur chanteur-leader, revisite en quelque sorte le «live fast, die young» cher à la première génération porteuse d'épingles à nourrice. Carper est monté sur une planche tout petit, son père étant un célèbre concepteur de surfs. D'où une enfance passée à Hawaï. Mais c'est en déménageant dans l'East L.A. que Zac rencontre ses trois futurs complices : Brandon Schwartzel, bassiste déluré, et les allumés frères Kuehn, guitariste et batteur (pour l'anecdote : les fils de Max Kuehn, le clavier du groupe culte californien des années 70-80 T.S.O.L.), un joyeux (quoique…) gang avec qui il forme donc Fidlar en 2009.
Dès le premier EP, le bien nommé Cheap Beer (2011), le ton est donné : ça parle de drogues, d'alcool et de filles, parfois dans la même chanson, en jouant le plus fort possible sur le moins d'accords possible. L'année suivante, leur premier album homonyme crache la même base déjantée, mais pour une audience qui s'est fichtrement agrandie. Magie d'Internet. Fini les petits concerts dans des teufs privées de Silver Lake, le monde entier est à leurs pieds. Enfin, celui pour qui pogoter a encore un sens à une époque où certains ont l'impression que la jeunesse passe son temps à écouter de la techno. Sauf qu'en 2015 l'un n'empêche plus l'autre. L'annonce pour la première fois de la présence d'un producteur, Jay Joyce, au CV plutôt classique (The Wallflowers, Emmylou Harris), durant l'enregistrement de ce deuxième album, pouvait laisser craindre un Fidlar à la hargne policée dans une volonté de viser plus haut. D'accord, la durée des titres flirte avec les cinq minutes. Bien au-delà du timing punk - en deux minutes tout doit être plié - mais la rage est préservée. Mieux, en montrant qu'ils savent aussi baisser un poil le son pour faire entendre des - hum - mélodies, Fidlar offre les morceaux de choix du disque comme l'hymne Why Generation ou Stupid Decisions, sorte de parodie déglinguée du Wonderwall d'Oasis. Désormais capable de ne pas seulement brûler les riffs à 100 à l'heure, le quatuor nous tire même les larmes sur le délicat Overdose. Qui se conclut dans le chaos. On ne se refait pas.
Vous aimerez aussi
RAMONES Leave Home (1977) A l'époque, ils ne se doutaient pas que des tee-shirts à leur effigie seraient un jour chez H & M pour des garçons et des filles qui n'ont jamais entonné de leur vieGimme Gimme Shock Treatment . Misère !
ADOLESCENTS Adolescents (1981)I Hate Children.Le titre d'ouverture donne le ton du premier album de ce groupe culte hardcore de Fullerton, dans la banlieue sud-est de Los Angeles. Les ancêtres du skate punk, ce sont eux.
WEEZER Weezer (1994) Sûrement pas un hasard si dans leur dernier clip, 40 oz on Repeat,Fidlar s'amuse à se déguiser comme le groupe de Rivers Cuomo. C'est une de leurs influences majeures. Plus surf pop que punk, cependant.




