Librement traduisible par «jambe de botte», bootleg est un nom masculin apparu durant la prohibition aux Etats-Unis (1919 à 1993, quand la vente et la consommation d'alcool furent interdites), désignant la partie montante de la botte dans laquelle on pouvait glisser une bouteille. Il faut attendre la fin des années 60 pour que le mot fasse son apparition dans l'univers de la musique, avec la sortie en 1969 de l'album non officiel de Bob Dylan Great White Wonder. Dès lors, le bootleg va désigner les enregistrements de concerts illicites ou les collections de chutes de studio, et un marché parallèle à destination de collectionneurs forcenés va se développer avec le concours de presseurs de vinyles pirates. La popularisation de la K7 audio puis celle du CD vont élargir exponentiellement la cible des bootleggers rock'n'roll, mais le mot va aussi envahir la sphère de la musique électronique, caractérisant des remix non autorisés ou des mariages contre-nature entre des morceaux d'univers radicalement différents. Sous la patte de facétieux magiciens des studios, les années 2000 verront s'accoupler Sigur Rós et Céline Dion, Whitney Houston et Kraftwerk ou encore Destiny's Child et les Dead Kennedys. Moins prestigieux qu'un Dylan inédit enregistré dans sa chambre, mais nettement plus drôle.
Bootleg
Publié le 18/09/2015 à 18h46
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