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Interview

Alice Winocour: «Ce que j’aime, ce sont les morceaux qui ont la rage»

Alice Winocour, réalisatrice, le 17 mai à Cannes. (Roberto Frankenberg)
Publié le 25/09/2015 à 18h06

La réalisatrice Alice Winocour, 39 ans, sort son deuxième long métrage mercredi. Après Augustine (2012), qui évoquait les travaux sur l'hystérie du professeur Charcot, Maryland est un thriller paranoïaque présenté à Cannes dans la sélection Un certain regard. Mais on a aussi remarqué que sa bande originale était signée par un «débutant» en la matière, le producteur et DJ Gesaffelstein.

Quel est le premier disque que vous avez acheté adolescent avec votre propre argent ?

The Buggles, Video Kills the Radio Star, mais je triche car c'est ma mère qui me l'avait acheté.

Le dernier disque que vous avez acheté, et sous quel format ?

L'album de Kendrick Lamar To Pimp a Butterfly que j'ai téléchargé sur iTunes. J'ai été marqué par les images des manifestants à Cleveland qui protestaient cet été contre le meurtre d'un Noir par des policiers en chantant la chanson Alright qu'on retrouve sur cet album.

Où préférez-vous écouter de la musique ?

Absolument partout, dehors sur mon téléphone, chez moi sur mon ordinateur. La musique m’entoure.

Est-ce que vous écoutez de la musique en travaillant ?

Quand je travaillais sur Maryland, j'écoutais l'album Aleph de Gesaffelstein. Il y a beaucoup de tensions dans ce disque qui m'a énormément inspirée. Il m'a semblé logique de lui demander d'écrire la musique du film.

Le disque que tout le monde aime et que vous détestez ?

Je dirais Pharrell Williams Happy, mais plus par lassitude.

Le disque qu’il vous faudra pour survivre sur une île déserte ?

The Marshall Mathers d'Eminem. D'une manière générale, j'aime beaucoup le rap, et notamment celui des années 90.

Quelle pochette de disque avez-vous envie d’encadrer chez vous comme une œuvre d’art ?

Celle que Gesaffelstein a conçue lui-même pour la B.O. de mon film. Elle est difficile à décrire, c’est une radiographie avec en surimpression une partition qui disparaît peu à peu.

Préférez-vous les disques ou la musique live ?

J’aime la musique d’où qu’elle vienne.

Votre plus beau souvenir de concert ?

Johnny Hallyday, où j’avais emmené mon petit frère, fan alors qu’il n’avait que 10 ans. En sortant, nous avions acheté plein de tee-shirts. Je n’ai jamais oublié l’ambiance et la présence de Johnny.

Allez-vous en club pour danser, draguer, écouter de la musique sur un bon sound system ou n’y allez-vous jamais ?

J’adore danser, mais je suis claustrophobe, et j’ai l’impression que les clubs à Paris sont tous en sous-sol ou alors ils sont très bas de plafond… du coup, j’évite.

Citez-nous les paroles d’une chanson que vous connaissez par cœur ?

« Mieux vaut n'penser à rien, que n'pas penser du tout, rien c'est déjà rien, rien c'est déjà beaucoup. On se souvient de rien, et puisqu'on oublie tout, rien c'est bien mieux, rien c'est bien mieux que tout.» Ces Petits Riens, Serge Gainsbourg.

Quel est le disque que vous partagez avec la personne qui vous accompagne dans la vie ?

Perfect Day, de Lou Reed.

Le morceau qui vous rend folle de rage ?

Ce que j’aime, ce sont les morceaux qui ont la rage, comme les raps de Keny Arkana.

Le dernier disque que vous avez écouté en boucle ?

High by the Beach de Lana Del Rey ou Elevation de Para One. Quand j'aime un morceau, je l'écoute en boucle, quitte à épuiser mon entourage.

Le groupe dont vous auriez aimé faire partie ?

Un duo comme The Kills ou The White Stripes.

La chanson ou le morceau de musique qui vous fait toujours pleurer ?

Fruit Tree, de Nick Drake.

Ses titres fétiches

Gesaffelstein

Aleph (2013)

Amy Winehouse

You Know I'm No Good (2006)

The Cure

A Forest (1980)

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