Menu
Libération
Critique

Bjarki, le bruit et la ferveur

Publié le 02/10/2015 à 19h06

Ces derniers temps, la musique électronique semble divisée en deux camps. D’un côté, les adeptes d’un beat langoureux, des nappes mélodiques, bref d’une atmosphère «pur sucre». De l’autre, les aficionados de la ligne techno dure, sans compromis, tel qu’on peut l’entendre sur le dancefloor de La Mecque du genre, le fameux club Berghain à Berlin, lorsqu’officient les deux maîtres forgerons ès enclumes techno, Marcel Dettmann et Ben Klock. Bjarki Runar Sigurdarson (pour faire simple, on ne retiendra que son prénom Bjarki) fait partie de cette seconde catégorie.

En 2014, on l'a vaguement repéré sur une compilation du label de Nina Kraviz, Trip, mais c'est vraiment depuis juillet et la sortie de son maxi Arthur and Intergalactic Whales, toujours sous le haut patronage de la respectée Russe, que le jeune Islandais fait sensation. L'intitulé du maxi, tout en poésie, n'est finalement pas si éloigné de l'impression étourdissante que dégage cette techno martiale et radicale notamment sur le fracassant I Wanna Go Bang.

Ce beat sourd, puissant, hypnotique, crache son génial minimalisme à la face de ces imbéciles pour qui la techno n’est qu’un «boum, boum, boum, boum» caricatural. Comme si l’on accusait les rockeurs de jouer trop fort. Mais prenons garde quand même à ce que ce fin bastonneur ne nous réveille pas le volcan Eyjafjallajökull. Ce serait bien là son seul défaut.

Dans la même rubrique