Chef atypique, passé par l'émission Qui sera le prochain grand pâtissier ? sur France 2 où il révélait ne pas aimer le sucré, Guillaume Sanchez et ses tatouages sont désormais à la tête des cuisines prisées du nouveau restaurant Nomos, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, où l'on écoute aussi de la bonne musique.
Le premier disque que vous avez acheté ?
Does This Look Infected? de Sum 41. Ce n'était pas une pépite, mais à l'époque je traînais dans le monde du skate où j'ai de bons souvenirs. Il y a quatre ans, je suis allé les voir en concert à la Maroquinerie. C'était drôle de revoir un groupe de ma jeunesse, mais très dur d'écouter leur musique. Je me suis rendu compte à quel point j'avais vieilli…
Où préférez-vous écouter de la musique ?
Au sport, ça me stimule. Certains ont besoin d’une playlist dynamique, moi j’écoute du rap, du classique, du jazz, du rock. Je mets mon iPod en aléatoire.
Combien de temps passez-vous à écouter de la musique par jour ?
J’en écoute toute la journée. Au restaurant, nous sommes une équipe de six en cuisine. Chacun a son mot à dire sur la sélection pour essayer de contenter tout le monde. Mon second écoute pourtant de la merde, avec lui j’ai l’impression d’être branché sur NRJ… Le soir, en salle, on passe des choses douces, de The XX à The Dø.
Votre morceau pour draguer lourdement ?
Je ne drague pas, je ne sais pas faire et je n’ai pas le temps !
Un label auquel vous êtes particulièrement attaché ?
Ed Banger, parce qu'ils ont changé la face de la musique électronique et parce que c'est un symbole du XVIIIe arrondissement. Ce quartier me tient vraiment à cœur même si je ne vis à Paris que depuis huit ans. J'ai aussi fait partie du même collectif que l'une des premières signatures d'Ed Banger, Vicarious Bliss. Ça s'appelait la Splendens Factory et regroupait graphistes, musiciens, photographes et même un pâtissier.
Le disque que vous aimeriez entendre à vos funérailles ?
Atmosphere de Joy Division. Un titre mystérieux que les gens trouvent sombre, même si j'y détecte la lumière.
Votre plus beau souvenir de concert ?
Kanye West à Bercy, il y a six ou sept ans. Il est parfois irritant, mais sa scénographie est toujours époustouflante : cette fois-là, il était arrivé sur scène en soucoupe volante !
Le groupe que vous détestez voir sur scène mais dont vous adorez les disques ?
A Day to Remember, qui comme tous les groupes de post-hardcore est génial derrière son ordinateur mais nul en live par manque de professionnalisme.
Citez-nous les paroles d’une chanson que vous connaissez par cœur ?
«For the love, comes the burning young. / From the liver, sweating through your tongue. / Well, you're standing on my sternum don't you climb down darling…» C'est Towers de Bon Iver.
Le disque que vous partagez avec la personne qui vous accompagne dans la vie ?
Personne ne m’accompagne, et je préfère écouter la musique avec un casque, je suis très égoïste sur ce point-là.
Un bon acteur fait-il un bon chanteur ?
Pourquoi pas, un artisan reste un artisan. Je suis bien passé de chef pâtissier à l’ouverture d’un restaurant gastronomique !
Le groupe dont vous auriez aimé faire partie ?
Joy Division, toujours. Je me serais bien vu en Ian Curtis.
La chanson ou le morceau de musique qui vous fait toujours pleurer ?
Je suis un garçon, je ne pleure pas !
Ses titres fétiches
Joy Division Atmosphere (1980)
The Strokes Last Nite (2001)
John Wasson Caravan (bande originale de Whiplash) (2014)




