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Libération
Critique

Ruben tandem en roue libre

Les Rennais Ruben. (Photo Lebonche)
Publié le 30/10/2015 à 17h16

Attention à la feinte. Derrière le prénom se cache en fait un duo. Que l'on avait déjà repéré séparément, il faut bien le dire. D'un côté Yann Chéhu, chanteur sous le pseudonyme Mister Eleganz au sein de Success, formation electro-pop fort bruyante pour rester poli. De l'autre Florian Mona, zélateur d'une pop-variété chantée en français tout en douceur, auteur de deux albums quand même. Deux Rennais qui ont attendu de se produire en concert à Montréal en 2013 pour avoir l'idée de monter ce projet, Ruben. Deux ans plus tard, deux morceaux seulement ont franchi la porte de leur studio : Instants choisis et Comme une évidence. Aucun rapport stylistique avec leurs expériences précédentes. On est séduit par la liberté d'un bricolage électronico-acoustique de haut vol ponctué de textes largement incompréhensibles. Cela pourrait être totalement abscons, mais le tandem a la bonne idée de toujours planquer une petite mélodie derrière leurs drôles de sons-samples, comme cet entêtant sifflotement sur Comme une évidence. Baignant dans un écho qui les rend joliment irréelles, leurs compositions sont aussi propulsées par un gros beat, source possible d'une certaine agitation de type dancefloor. Leur premier album sortira en 2016 - enfin… s'ils trouvent un label intrépide. On encourage donc les directeurs artistiques concernés à se rendre aux Transmusicales à Rennes le 5 décembre pour voir Ruben brûler les planches. Mais sûrement pas se brûler les ailes.

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