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Critique

Money «Le couteau tient avec un fil de pêche»

La pop mélancolique de «Suicide Songs», le second album des Anglais rappelle par ses textes aussi bien que par son visuel la grisaille du ciel de Manchester. La métropole a vu naître ce trio emmené par Jamie Lee, leader fantasque, qui nous dévoile l’histoire de la photo de ce disque.

Par
Valentin Allain
Publié le 19/02/2016 à 17h31

Le photographe

«J'ai rencontré Elliot Kennedy à Manchester, grâce à des amis, et je lui ai demandé de réaliser la pochette de notre premier album [ The Shadow of Heaven, en 2013, ndlr] car j'appréciais la modernité et le romantisme de son travail. Ses photos relèvent de l'hyperréalisme. Ses images sont très détaillées, il y a une profondeur, chaque centimètre a un intérêt et peut vous parler. Sans oublier ses qualités techniques, son talent pour mettre en valeur un sujet grâce à son travail de mise au point.»

Noir et blanc

«Pour la pochette de Suicide Songs, on a encore opté pour le noir et blanc, par choix esthétique mais aussi pour s'inscrire dans la continuité du premier album [qui représentait un ami du groupe photographié en noir et blanc sautant en l'air, ndlr]. C'est aussi à cause du choix du noir et blanc que je suis torse nu. Elliot m'a demandé d'enlever ma chemise car cela rendait mieux.»

Le couteau

«Même si j’aime bien dire qu’il tient grâce à mon très bon sens de l’équilibre, en réalité nous avons utilisé un fil de pêche. L’inspiration m’est venue d’un artiste de cirque qui faisait tenir des échelles en équilibre sur son front. L’idée était d’insuffler un sentiment de danger. Le couteau vient s’opposer à la quiétude exprimée par mon visage. Quand j’embrasse quelqu’un, je ferme les yeux. Ici, c’est un signe de sérénité, en contradiction avec la situation chaotique suggérée par le couteau.»

L’absence de titre

«J'ai refusé qu'on écrive le nom du disque sur la pochette car j'avais peur que les gens interprètent la photo comme une réponse littérale au titre de l'album, Suicide Songs. L'idée que l'on puisse prendre cela pour une simple provocation m'attristait. Notre premier disque était un tour de passe-passe poétique, j'essayais de donner des proportions bibliques au quotidien. Ce deuxième album évoque la déception que j'ai ressentie après son échec. J'ai traversé une mauvaise période et rencontré beaucoup de personnes souffrant de troubles mentaux. Rétrospectivement, je me suis rendu compte que j'avais moi aussi des problèmes psychologiques à ce moment-là. J'ai eu envie de raconter cette expérience.»

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