C'est obligé. A force de rester dans l'ombre, les musiciens de studio rêvent tous un jour de se montrer sur le devant de la scène. C'est le cas de Rémi Alexandre, alias Shorebilly, homme-orchestre longtemps resté planqué derrière des artistes aussi variés que Soko, Syd Matters, Florent Marchet, Mai Lan, H-Burns ou Fredrika Stahl, mais dont on peut dire qu'ils flattent tous une certaine idée d'une pop aventureuse et élégante. C'est bien sûr le cas de sa première escapade solo, Wipeout !, quasiment un album de six titres qu'il a bien entendu entièrement produit, joué et chanté. A 36 ans, il n'avait plus trop de temps à perdre. Mais, lorsque l'on avance comme grandes références les mythiques François de Roubaix et Todd Rundgren, il s'agit de ne pas se louper. A la hauteur de ses héros, Alexandre cumule une qualité de mélodiste pop de premier ordre et une science de la production luxuriante à tiroirs secrets. Sa différence ? Certainement un goût personnel très juste pour les tentations électroniques, comme sur le sensible We Care About You Boy, qui ouvre ce charmant premier disque. Avec dans le viseur les magiques seventies plutôt que les éculées eighties, Shorebilly affiche une différence appréciable par rapport à la meute de ses confrères et consœurs frenchy qui n'en finissent plus de vouloir réinventer la pop synthétique à la Daho, pour le meilleur, et à la Desireless, pour le pire.
La découverte
Shorebilly, lonesome pop-boy
Shorebilly. (Photo DR)
Publié le 03/06/2016 à 18h21
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