Quand, en 2012, la planète musique entière s'est mise à parler à tout bout de champ du processus d'adoucissement des mœurs hip-hop avec l'apparition de rappeurs ouvertement queer - parfois maladroitement regroupés sous l'étiquette du «rap gay» (Le1f, Zebra Katz, Mykki Blanco, etc.) -, le natif du New Jersey Cakes Da Killa avait déjà un peu d'avance. Sa première mixtape, la remarquée Easy Bake Oven, Vol 1, était sortie l'année précédente, et le jeune homme flamboyant en a depuis sorti deux autres (sur le très branché label et marque de streetwear Mishka NYC), continuant à rassembler une fan base solide tout en ne devenant jamais vraiment une sensation médiatique comme peut l'être aujourd'hui Mykki Blanco. La faute peut-être à un parti pris apolitique : les paroles de Cakes Da Killa traitent plus souvent de la baise et de la fête que des causes LGBT, et l'Américain semble soigneusement éviter la position parfois peu confortable de porte-parole. Logique donc que son premier vrai album s'appelle Hedonism : comme si le rappeur, Rashard Bradshaw à la ville, voulait continuer à s'éclater. La musique de Cakes Da Killa est un rouleau compresseur club ultrafestif qui pioche à loisir dans la house, la techno ou la bass music. Les rares temps de repos, très lascifs, n'en sont pas moins tout aussi séduisants voire aguicheurs (Frostin' et Tru Luv). Peut-être que celui qui est aussi journaliste et loué pour son sens de la mode tient enfin son décollage en règle.
Critique
Cakes Da Killa le rap épicurien
Publié le 04/11/2016 à 17h41
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