Le r'n'b a toujours été un genre sous-représenté en France, comparé à sa situation de l'autre côté de l'Atlantique… sous-représenté et même globalement méprisé, loin de la noblesse théorique du rap. L'avènement de son versant électronique «branché» ces dernières années lui a redonné un peu de prestige, mais les projets français du genre sont encore des exceptions presque saugrenues, pour des résultats souvent à moitié aboutis (Arkadin, OK Lou, etc.). Voilà enfin ce qui ressemble à la vraie bonne pioche du r'n'b hexagonal des années 2010, avec l'arrivée de Sônge, dont on ne sait presque rien tant sa bio se fait énigmatique et laconique, citant simplement James Blake et Banks en références. A vrai dire, ce qui épate avec Sônge, c'est de voir à quel point la jeune bretonne (quimpéro-brestoise, semble-t-il) s'inspire des vingt-cinq dernières années avec agilité. Son premier EP est totalement à son aise dans le contexte 2016, mais il évoque aussi les Aaliyah et Destiny's Child des années 90, le hip-hop de la charnière 80 et 90 (sur Now), ou le r'n'b vaporeux et intello du label Tri-Angle du début des années 2010 (sur Colorblind). Un joli tout de force pour une première sortie qui dévoile ses inspirations comme autant de cartes dans une main bien servie, quelque part entre FKA Twigs et Santigold. La production, impeccable, assurée par le talentueux Français Sayem, finit d'en faire l'un des maxis marquants de la fin d'année, sorti juste à temps pour le passage de Sônge aux Trans musicales de Rennes.
Critique
Sônge, frenchy r’n’b
Publié le 02/12/2016 à 18h46
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus