Son premier EP, le remarquable Saudade, a déjà quatre ans, pourtant il aura fallu attendre le début du printemps 2017 pour découvrir le premier long format de Tei Shi. Derrière ce nom se cache la jeune Valerie Teicher. Née à Buenos Aires en 1990, elle a grandi en Colombie, avant de passer par le Canada puis d'atterrir à Brooklyn, où elle a pris son temps avant d'enfin passer aux choses sérieuses. Depuis 2013, elle s'est entourée de gros poissons en signant chez Universal, et a quelque peu modifié la formule originelle de sa musique. Sur Saudade, son mélange de r'n'b vaporeux et de dream-pop électronique charmait par son hypnotisante voix soufflée et un goût pour le minimalisme poussé à l'extrême. C'est l'apparente douceur des morceaux, malgré des textes souvent noirs, qui faisait le sel du premier EP de Tei Shi. Quatre ans plus tard et seulement parsemés de quelques rares morceaux, la jeune femme garde les mêmes références sur Crawl Space, mais étoffe la production et explore un peu plus loin. Des rythmiques bossa (Como Si, en espagnol), des morceaux plus ancrés dans les années 80, de vrais tubes de pop électronique d'aujourd'hui (le très puissant Keep Running) et des passages plus noirs et sensuels (Justify, quelque part entre Madonna et FKA Twigs). On regrette, parfois, ce minimalisme élégiaque que la chanteuse défendait par le passé, mais Tei Shi livre ici un bel album de pop, et c'est déjà beaucoup.
Critique
Tei Shi fait pop neuve
Publié le 07/04/2017 à 18h06
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus