«Dans un lieu public, ne jamais tourner le dos à la porte.» On repense à la ruse de Sioux d’un vieux reporter de guerre en apercevant la nuque du rappeur Damso, au fond d’une brasserie bruxelloise. Alors que sort son second album, le garçon se fait discret - si c’est possible - pour éviter les sollicitations inopinées. La jeunesse belge a fait de lui le symbole de la nouvelle scène du rap local à qui la France fait les yeux doux. Et pour ça, elle lui réclame des selfies. Alors Damso tourne le dos à la porte. Le rappeur a une carrure à faire peur, 1,92 mètre de basketteur et des mains de casseur de nez bardées de bijoux. Au bout d’un doigt, il porte une bague dorée frappée du profil d’un Napoléon aux traits d’Indien. «Quand j’ai eu cette bague, je me suis dit que je devais percer avant qu’elle rouille, à une époque où je n’avais pas de domicile, je dormais à droite, à gauche, avec ma petite valise. Elle n’a pas totalement rouillé. J’ai réussi», constate-t-il. Avec Hamza, Roméo Elvis, Shay, il incarne le nouveau rap francophone, réduit jusque-là au seul territoire franco-français, et à la rivalité Paris-Marseille.
«En quête d’excellence»
Booba n'est pas étranger à ce début d'âge d'or du rap belge. Le Français exilé à Miami a flairé deux talents bruxellois (Damso et Shay) qu'il a intégrés à 92i, son label et largement mis en avant sur sa plateforme web, OKLM. Grand calme, Damso, né à Kinshasa en 1992, arrivé à Bruxelles à l'âge de 9 ans, se dit gros bûcheur «en




