L'idée «The Cloud Making Machine est un album de changement, où ma musique n'est plus uniquement techno et tournée vers le dancefloor, explique Garnier. Avec le label F com, on avait envie d'une rupture. Je commençais à m'intéresser au cinéma et l'idée d'une pochette réalisé à partir d'un collage a trouvé sa source dans les films des Monty Python. J'aimais beaucoup les passages un peu fous où ils partaient dans un délire dessin animé. On a contacté l'illustratrice Hélène Builly. On lui a fait écouter l'album, en lui expliquant c'était un disque de rupture, que j'habitais près d'une machine à nuages…»
L'usine à nuages «J'habitais à Ivry-sur-Seine, près de la gare de triage de Paris-Tolbiac, se souvient Laurent Garnier. En face de chez nous se trouvait la déchetterie d'Ivry et l'une de nos baies vitrée donnait sur cette usine qui crachait une épaisse fumée jour et nuit. La vue était surréaliste. On faisait tout le temps des fêtes à la maison et on avait un voisin, quand les enfants demandaient ce qu'était cette usine d'où sortait la fumée, qui répondait que c'était une machine à fabriquer des nuages. Je trouvais ça très poétique de la nommer de cette manière. Je me sentais déjà connecté à la déchetterie, dont la vapeur d'eau nous chauffait, et cela m'a semblé un titre parfait pour mon album.»
Histoire Selon le musicien français, «il n'y a pas sur la pochette d'histoire dans l'histoire». «Chacun y voit ce qu'il veut, précise l'illustratrice Hélène Builly interrogée sur la signification des personnages. Une image porte déjà en elle toute une histoire, la faire vivre dans un nouveau contexte lui confère bien sûr de nouvelles choses à dire mais l'inconscient ne s'affranchit pas totalement de ce qu'elle racontait auparavant, on entre alors dans le détournement pour faire naître des solutions imaginaires. C'est là où le collage est passionnant ! La technique n'a que peu d'intérêt, c'est d'abord une irrésistible envie de changer l'ordre des choses.»
Le résultat «Sans rentrer dans les détails, conclut Garnier, j'ai trouvé qu'il y avait tellement d'informations sur le collage que cela décrivait parfaitement ce que j'avais essayé de faire passer dans le disque et mon état d'esprit de l'époque. Quand elle nous a montré la pochette, je l'ai immédiatement trouvée géniale, et nous lui avons demandé un poster. Il nous fallait un poster à insérer dans le vinyle, la pochette devenant un bout d'une plus grande partie. De tous mes albums, c'est ma pochette préférée, celle dont je suis le plus fier.»




