Les personnes «Au départ, avec Jessy, on a décidé de réaliser une pochette avec des gens représentatifs de la société africaine et où j'aurais une sorte de rôle de porte-parole. C'est lui qui a choisi toutes les personnes qui sont sur le cliché mais, quand il est venu à la maison, il a vu ma petite-fille de 2 ans, et il m'a proposé de la faire également participer. C'est elle sur ma gauche qui tient la carte de l'Afrique. Mais je connais aussi certaines personnes qui sont sur la photo. On a fait la photo dans un immeuble d'habitation du centre-ville de Bamako, pas très loin de la gare. Il a été construit pendant la colonisation, bien avant l'indépendance du Mali. A l'origine, il était surtout peuplé par des Occidentaux, des Français expatriés. Aujourd'hui, ce sont des Maliens ordinaires qui y vivent.»
Le photographe «D'habitude, mes pochettes sont conçues après un choix difficile, parmi 100 ou même 200 photos parfois. Mais ce coup-ci, cette photo s'est imposée immédiatement. L'auteur, Jessy Nottola, m'a été présenté il y a une dizaine d'années par un ami artiste pour lequel il avait fait une vidéo et je suis resté en contact avec lui. Plus tard, en 2007, il est venu me voir à Bamako et, pendant son séjour, il a réalisé gratuitement pour moi Promesses bla bla, extrait de mon album l'Africain, parce qu'il soutient mon combat. Depuis nous sommes amis, et par la suite il m'a fait quatre ou cinq clips.»
L'Afrique «C'est un symbole de tenir l'Afrique dans mes mains, une manière aussi de montrer que j'aime ce continent. On a demandé à un menuisier de réaliser cette carte à partir d'une simple planche en bois. Jessy l'a ramenée en France parce que nous voulions nous en servir pour le clip de la chanson Le monde est chaud qu'on a tourné à Marseille avec Soprano - mais cela ne s'est pas fait. Quand Jessy reviendra à Bamako, il va la rapporter et on la mettra au musée !»
La veste «C'est une veste qui a peut-être le même âge que moi ! Elle était portée dans les années 60-70 par les ouvriers en France. Les manches sont courtes pour leur éviter de les remonter. C'est une styliste parisienne, Cécile Garnier-Dardalhon, qui a rajouté les couleurs rastas. Si je dénonce beaucoup les injustices dans mes disques, en portant cette veste je veux aussi évoquer le rapport au travail et le fait que beaucoup de mes compatriotes désirent gagner de l'argent, mais sans travailler.»




