Avec les années, Jane Birkin ressemble de plus en plus à Bob Dylan. Ce n’est pas uniquement une question de décontraction juvénile ou de jeans noirs, et on imagine sans peine que Jane - on l’appelle Jane, comme tout le monde - est beaucoup plus lumineuse et volubile que le sombre Prix Nobel de littérature 2016. Comme lui, elle s’est engagée dans une tournée sans fin, dont elle ne saurait situer ni le début ni la limite. Jane a encore quelques dates, «à la sortie de Paris», comme elle dit, puis d’autres, et ce sont des moments «joyeux», des trouées dans le tracas du quotidien où, pendant une heure et demie, rien ne peut lui arriver, elle est «tranquille» sur scène, «choyée», et à chaque nouvelle étape elle en profite pour visiter un petit musée ou une église dénichés par Christophe, son assistant, sans oublier Dolly, son bouledogue, qui pour l’instant ronfle bruyamment à ses pieds.
Grâce à sa tournée sans fin, Jane Birkin connaît le moindre recoin de France. Ce doit être pareil pour Dylan et le territoire américain, et elle rit quand on la compare à la star mondiale. «Je comprends très bien le besoin de ne jamais s'arrêter. Il doit être seul comme un rat. Les tournées dans le monde entier où je rejoignais mes musiciens m'ont énormément sauvée de la solitude.» Dans Post-scriptum, le second tome de ses journaux qui traverse les années 1982-2013, jusqu'à la mort de sa fille adorée, Kate, le 11 décembre 2013, Jane




