Grand prix du Roman de l'Académie française 2019 avec sa passionnante uchronie Civilizations (Grasset), dans laquelle il imagine des Incas à la conquête de l'Europe à l'époque des conquistadors, Laurent Binet aime les grands écarts. Jusque dans ses goûts musicaux.
Quel est le premier disque que vous avez acheté adolescent avec votre propre argent ?
Brothers in Arms de Dire Straits. Je l'écoute encore régulièrement.
Votre moyen préféré pour écouter de la musique ?
Je viens de me faire offrir un lecteur CD. J’ai réalisé que j’en avais marre des shuffles sur iTunes.
La chanson que vous avez honte d’écouter avec plaisir ?
A-ha, Indochine, Desireless, Gold… j’assume tout !
Le dernier disque que vous avez acheté et sous quel format ?
Faces B de Je vous déteste, le deuxième groupe du chanteur des Petites Bourrettes, en CD.
Où préférez-vous écouter de la musique ?
N’importe où : chez moi, au lit, au cinéma, dans la rue, dans le métro, en voyage… Mais en associant le son à une situation et à des images.
Est-ce que vous écoutez de la musique en travaillant ?
Plutôt de la musique classique. J'ai écrit la Septième Fonction du langage avec en boucle, en fond visuel et sonore, la bande-annonce de Leçons de ténèbres de Werner Herzog.
Le disque que tout le monde aime et que vous détestez ?
Toute l’œuvre de Philippe Katerine.
Le disque qu’il vous faudra pour survivre sur une île déserte ?
L’intégrale de Guns N’Roses.
Y a-t-il un label auquel vous êtes particulièrement attaché ?
4AD, le label des Cocteau Twins et des Pixies, c’était chic.
Quelle pochette avez-vous envie d’encadrer chez vous comme une œuvre d’art ?
Nowhere de Ride : une très belle photo de la mer qui ondule, sous laquelle on croit deviner l'ombre d'un monstre marin.
Un disque que vous aimeriez entendre à vos funérailles ?
Dis-moi de Mano Solo. Si je veux être bien sûr que tout le monde chiale.
Préférez-vous les disques ou la musique live ?
Je préfère le live, mais je me suis fragilisé l’oreille gauche dans ma jeunesse, alors je dois faire attention.
Votre plus beau concert ?
Noir Désir à l'Olympia, à l'époque de Tostaky. En sortant, je me suis mis à la guitare et, deux ou trois ans plus tard, je montais mon groupe.
Quel est le groupe que vous détestez voir sur scène mais dont vous adorez les disques ?
J’adore Offspring mais je trouve qu’ils manquent d’énergie sur scène.
Votre musique de film préférée ?
La B.O. de 2046, de Wong Kar-wai.
Quel est le disque que vous partagez avec la personne qui vous accompagne dans la vie ?
Le matin, pour faire l'éducation musicale de mon fils de 4 ans, pendant son petit-déjeuner, je lui mets de la musique : Sympathy for the Devil, c'est la chanson du hibou parce que les chœurs font «hou hou» ; Cannon des White Stripes, c'est celle des éléphants à cause des grosses basses saturées. Sa préférée, c'est la Toccata et fugue en ré mineur de Bach, qui est devenue la chanson du petit renard perdu dans la neige.
Le morceau qui vous rend fou de rage ?
Les Mains d'or de Lavilliers, un très beau morceau en hommage aux ouvriers de la sidérurgie. J'ai été éberlué par ses propos hostiles aux gilets jaunes et favorables à Macron. Comment peut-on ne rien comprendre à ce point ? Pierre Lemaitre a eu bien raison de lui dédier les mains coupées et les yeux crevés des manifestants, en souvenir de cette chanson.
Le dernier disque que vous avez écouté en boucle ?
Travelling Mirror, de Florence Caillon, trente-quatre magnifiques plages instrumentales qui sont comme la B.O. d'un film imaginaire.
Le groupe dont vous auriez aimé faire partie ?
Los Saicos, un groupe de rock garage péruvien des années 50.
La chanson qui vous fait toujours pleurer ?
Circus, de Clapton, sur la mort de son fils. Atroce du début à la fin.
Ses chansons fétiches
Suede So Young (1993) Noir Désir Working Class Hero (1999) Dominique A Immortels (2009)




