«C'est mieux que les Champs-Elysées, Barbès», chante Rachid Taha, et c'est vrai. Dernière preuve, Intérieurs, entièrement réalisé à la Goutte-d'Or, par Hortense Soichet, née à Toulouse en 1982 et titulaire d'un doctorat d'esthétique. Son propos : montrer comment vivent les habitants de ce quartier au nord de Paris, classé zone urbaine sensible (ZUS), où ça bouge dans tous les sens - trop, se plaignent certains riverains de cet arrondissement encore populaire, le XVIIIe.
Sans appétit pour le sensationnel, Hortense Soichet dévoile une quarantaine de logements. Des tanières et des lofts, qu’elle immortalise à nu, c’est-à-dire hors la présence des locataires-propriétaires dans le cadre. Surgissent alors des décors qui apparaissent plus ou moins douillets, reflets maniaques ou insouciants parfois d’une incongruité affirmée, telle cette chambre à coucher avec deux niches confortables au pied du lit. Ou d’un dénuement impossible à imaginer, ainsi cette pièce de 25 mètres carrés située rue Myrha, refuge précaire d’une famille de quatre personnes.
Pour la photographe, il s'agit, comme l'explique le sociologue Yankel Fijalkow, de «proposer une autre posture, fondée sur le dialogue avec l'habitant dans la perspective d'un travail collaboratif». Hortense Soichet développe une manière sensible d'appréhender l'espace. Car chaque appartement est légendé, donnant à entendre la voix de celui ou celle qui y demeure. C'est là, dans ce court-circuit continu e




