Robert Doisneau (1912-1994) est le photographe de l'année, inscrit au programme des célébrations nationales, et l'on fêtera en majesté, le 14 avril, le centenaire de sa naissance. Top départ des festivités avec ses photographies des Halles, présentées à l'Hôtel de Ville de Paris jusqu'au 28 avril, doublé d'un ouvrage publié par Flammarion avec un texte documenté de Vladimir Vasak ; le premier tirage (8 000 exemplaires) est déjà épuisé. Sur la couverture, un boucher en compagnie d'une tête de veau, symbole du ventre de Paris, le «village» où Doisneau vagabondera pendant quarante ans. Première photo en 1933, les Filles au diable, au pied de l'église Saint-Eustache, et les dernières le 5 septembre 1979, lors de l'inauguration du forum des Halles, actuellement en chantier, ironie de l'histoire.
Tourbillon. Plus qu'une reconnaissance, dont Doisneau n'a nul besoin tant sa popularité est au zénith, y compris chez les intellos, cette exposition prouve l'ampleur de son travail et sa ténacité à cerner un sujet. Proposée par Francine Deroudille et Annette Doisneau, ses filles, ces 200 vintages - avec des inédits dont l'Otarie de la poissonnerie Lacroix ! - enrichissent le passé cannibale d'un Paris gouailleur où s'emmêlent les filles des rues et les marins en vadrouille, les costauds aux cageots et les marchands de quatre saisons. Un lieu mythique par sa géographie humaine et son tourbillon de nourritures terrestres, archivé par un esthète, dé




