L'ambition affichée par la 43e édition des Rencontres d'Arles produit l'effet contraire. Plutôt que de la curiosité pour cette «école française» qu'elle se propose de défendre, on ressent surtout l'urgence d'aller à contre-courant, de fuir les chapelles, de se méfier des carcans théoriques. Non par esprit de contradiction. Cette singularité nationale serait loin d'être une question obsolète si elle n'était abordée à travers le seul prisme (ou presque) des photographes diplômés de l'Ecole nationale supérieure de photographie (ENSP) d'Arles, qui fête cette année ses trente ans d'existence.
Contrainte. Difficile d'accepter la confusion entre une tendance française de la photographie contemporaine et une institution, quand cet amalgame relègue d'emblée à la marge tous ceux et celles qui n'auraient pas suivi cet enseignement. D'autant plus si, tout en prétendant incarner ce «style» français, l'ENSP peine à le définir. Durant toutes les discussions qui ont ponctué la semaine d'ouverture, sa démarche a toujours été présentée par défaut, en comparaison avec les écoles étrangères. Celle de Düsseldorf surtout, qui apparaît comme la vieille rivale, adepte de la formation avec un maître unique. Tandis que l'ENSP n'imposerait aucun dogme, aurait le privilège de l'accompagnement adapté, dont «résulte un feu d'artifices de styles et de talents», selon le mot de François Hébel, directeur des Rencontres.
Une diversité toute relative au regard de la sélectio




