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Eprise de vertige

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Self-Portrait, de Jun Ahn, 2008. (Photo Courtesy Christophe Guye Galerie)
Publié le 15/11/2013 à 18h06

Il y a des images qui font peur. Et la série de Jun Ahn appartient indéniablement au genre flippant. Pour ses 60 «Selfportraits», la photographe prend la pose au bord des toits de gratte-ciel. Elle éprouve le vide. Elle se penche. Toujours plus près du gouffre.

Ces images sont réalisées sans trucages, certains autoportraits nécessitant cependant le port d'un harnais. Si la chute est un thème récurrent de la photographie depuis - entre autres - Yves Klein, il y a peu d'images qui donnent à ce point la sensation du vertige. Impossible de s'identifier à cette jeune femme chancelante. L'idée même de la photo nous fait flageoler. C'est exactement ce que souhaite créer l'artiste : un interstice si inconfortable qu'il donne la nausée. «J'explore les frontières psychologiques entre la vie et la mort, entre le passé et le futur. Nous sommes dans l'époque d'un entre deux mondes», souffle la frêle et pâle Coréenne, habillée de bleu comme dans ses photos, sur le stand de la galerie Christophe Guye, le soir du vernissage à Paris Photo.

Les performances photographiques anxiogènes de Jun Ahn sont la métaphore d'un monde qui joue à se faire peur en caressant l'idée de sa propre chute mais aussi, plus modestement, une réflexion sur la fin de l'adolescence. Emigrée pendant dix ans aux Etats-Unis pour ses études, puis rentrée à Séoul auprès de ses parents, Jun Ahn est une petite fille des villes à gratte-ciel. Cette photo a été prise de son appartement new-yorkais, au 24e éta

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